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LE PROGRAMME ECOLES SANTE 

CONTEXTE 

 

Dans les écoles sénégalaise, l’absentéisme, la médiocrité des résultats et les abandons en début d’études sont dus pour une large part à la mauvaise santé et à la malnutrition. Pourtant, plusieurs études ont montré que la prévalence des maladies évitables comme le paludisme, les infections respiratoires aigües et les maladies diarrhéiques peut être réduite de manière considérable par l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène et de santé simples : lavage des mains régulier avec du savon, utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides, vaccination, surveillance régulière de la croissance des enfants, prise en charge précoce des infections bénignes.

Des programmes visant à assurer de bonnes conditions de santé, d’hygiène et de nutrition aux enfants sont donc indispensables si l’on veut promouvoir l’éducation de base pour tous.

Partant de ce constat, l’AMREF France et le Club Santé Afrique ont initié en mars 2013 le Programme « Ecoles Santé ».

LES PRIORITÉS D’ACTION 

 

Un volet technique qui s’articule autour de la construction de blocs sanitaires et hydrauliques dans les écoles qui n’en ont pas permettant aux élèves et à la communauté dans son ensemble de disposer d’un système d’assainissement adéquat et d’un accès à l’eau sécurisé.

Un volet éducationnel qui se concentre sur la sensibilisation aux bonnes pratiques de santé afin de rendre les écoliers aptes à appréhender ces bonnes pratiques d’hygiène mais également à être des relais en transmettant les connaissances acquises à l’école vers le reste de la communauté.

Un volet accès aux soins comportant des consultations annuelles en médecine générale, odontologie et ophtalmologie, un suivi de la vaccination des enfants mais aussi des actes chirurgicaux auprès de ceux  souffrant de pathologies ORL ou de fentes labio-latine en lien avec le programme de médecine mobile.

ZONES ET POPULATIONS BÉNÉFICIAIRES

 

La première phase du projet de mars 2013 à septembre 2015 s’est centrée sur 13 écoles réparties dans deux régions sénégalaises : 5 écoles à Matam (département de Matam) et 8 écoles à Tambacounda (département de Bakel).

Toucher toute la communauté en passant par la sensibilisation des élèves est le pivot de nos actions. 

Dans chaque école soutenue, un « Club Santé » est créé. Il permet des activités récréatives de sensibilisation des enfants et de leurs parents aux bonnes pratiques de santé, d’hygiène et de nutrition d’une part, et à la bonne utilisation du service d’eau et d’assainissement. Ces Clubs sont animés par des enfants formés et accompagnés par des enseignants et s’appuient sur l’idée que l’apprentissage par le jeu encourage les enfants à mettre en pratique leurs nouvelles connaissances.

TROIS VOLETS D’ACTION

Changer les comportements

Parallèlement au volet technique, un volet éducationnel, a consisté à promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène, de santé et de nutrition auprès des écoliers et de leurs communautés. Au total, 13 « Clubs Santé » ont été créés et 194 élèves (15 à 16 écoliers par école) ont été formés à l’animation d’activités de sensibilisation au travers de ces Clubs. Au cours de ces activités, un accent a été mis sur la prévention des maladies hydriques et la promotion de bonnes pratiques en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement, notamment via le lavage des mains, l’utilisation des toilettes et l’utilisation de moustiquaires. Des moustiquaires ont été distribuées aux écoliers pour aller dans ce sens. La mise en place des infrastructures sanitaires et hydriques a été renforcée par un vaste programme de distribution de matériels et de produits d’hygiène comprenant des seaux, des balais, du savon et de l’eau de javel.

Construire des blocs sanitaires et approvisionner en eau

La première étape du programme Ecoles santé a consisté à créer ou réhabiliter des infrastructures hydriques et sanitaires au sein des 13 écoles sélectionnées. L’approvisionnement en eau a été réalisé en fonction des possibilités locales et en concertation avec les communautés (puits, forages ou système de raccordement au réseau de distribution d’eau des forages des villages). Afin de pallier le manque d’eau pendant les périodes de rupture, de nombreuses toilettes ont été dotée de réservoirs. Dans toutes les écoles ciblées par le programme des toilettes séparées en 2 blocs sanitaires, un pour les filles et enseignantes, un pour les garçons et enseignants ont été installées. Chaque bloc est équipé de 2 lave-mains autour desquels des messages de sensibilisation ont été peints sur les murs.

Soigner et prévenir 

Le programme a mis en place une offre de soins dans les écoles à partir d’un déparasitage annuel des enfants, d’une supplémentation annuelle en vitamine A, d’un suivi de la vaccination, d’une prise en charge dans le cadre de consultations annuelles en médecine générale, odontologie et ophtalmologie et d’un référencement des cas compliqués vers les structures de soins appropriées

Trois camps de consultations en médecine générale, ophtalmologique et buccodentaire ont été organisés, en collaboration avec les districts sanitaires de Matam et de Thilogne, dans les écoles de Kobilo, Sédo Sébbé  et Sinthiou Garba. 

RÉSULTATS :

Camps de consultations réalisés

écoles dotées d’infrastructures hydriques et sanitaires

Ecoliers ont reçu une moustiquaire imprégnée à longue durée d’action

Ecoliers sensibilisés

Ecoliers supplémentés en vitamine A

UN PROGRAMME EN FAVEUR DE LA COMMUNAUTÉ 

 

En décembre 2015, une seconde phase du projet commence. En démarrant par le village de Goutta, elle envisage de s’étendre au villages de Belly Pourry et Madina Kodiolel. 

Les trois villages totalisent 2.641 habitants, dont 374 écoliers (161 filles et 213 garçons). Ils se trouvent aujourd’hui dans des conditions précaires d’alimentation en eau potable ce qui engendre de nombreuses maladies en particulier les diarrhées hémorragiques.

Goutta comprend une population estimée à 1502 habitants. Ce village compte une école avec 198 élèves et une case de santé récemment construite. Le village de Goutta possède un réseau d’alimentation hydraulique qui ne fonctionne plus depuis 13 ans.

Madina Kodiolel situé à 6,4 km de Belly Pourry compte une population de 312 habitants et une école avec 61 élèves. Pour ce village, un seul puit est utilisé, ce qui engendre des temps d’attente très important. Les jeunes filles n’ont par conséquent plus de temps à consacrer à leur étude.

Belly Pourry compte 827 habitants dont les principaux revenus proviennent de la culture et de l’élevage (présence de 2000 bêtes). Ce village comprend une école organisée en 3 classes avec 116 élèves dont 61 filles.